Sommaire
- Contexte et enjeux de la loi Sapin 2
- Loi Sapin 2 : qui est concerné ?
- Les 8 obligations imposées par la loi Sapin 2 (article 17)
- Sanctions en cas de non-respect
- Gamifier la conformitĂ© : l’approche OuiLive
- Sources
1. Contexte et enjeux de la loi Sapin 2
PromulguĂ©e le 9 dĂ©cembre 2016 et pleinement applicable depuis juin 2017, la loi n° 2016-1691 appelĂ©e loi Sapin 2 a profondĂ©ment transformĂ© les obligations des grandes entreprises françaises en matière de lutte contre la corruption. Elle impose de mettre en place un programme de conformitĂ© structurĂ©, sous peine de sanctions en cas de manquement prononcĂ©es par l’Agence française anticorruption (AFA).
Pour les Ă©quipes RH, compliance et direction gĂ©nĂ©rale, cette loi reprĂ©sente un chantier humain autant que juridique : il ne suffit pas de rĂ©diger des procĂ©dures, il faut que les collaborateurs les comprennent, les intègrent et les appliquent au quotidien. C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ que l’engagement des Ă©quipes devient le vĂ©ritable levier de la mise en conformitĂ© Sapin 2 et c’est sur ce terrain qu’OuiLive intervient.
2. Loi Sapin 2 : qui est concerné ?
La question « loi Sapin 2 qui est concernĂ© ? » revient systĂ©matiquement dans les comitĂ©s de direction. Le champ d’application repose sur deux critères cumulatifs :
- Un effectif d’au moins 500 salariĂ©s (pĂ©rimètre groupe inclus si la sociĂ©tĂ© mère est Ă©tablie en France) ;
- Un chiffre d’affaires consolidĂ© supĂ©rieur Ă 100 millions d’euros.
Dès lors que ces deux seuils sont atteints simultanément, les entités assujetties sont les suivantes :
- Les sociétés privées (SA, SAS, SARL, SNC…), quelle que soit leur forme juridique ;
- Les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) ;
- Les filiales françaises et Ă©trangères d’une sociĂ©tĂ© mère française dĂ©passant les seuils ;
- Les présidents, directeurs généraux, gérants et membres du directoire, dont la responsabilité personnelle est directement engagée
Point de vigilance pour les PME
MĂŞme les entreprises en deçà des seuils peuvent ĂŞtre indirectement concernĂ©es. Si elles opèrent en tant que clients fournisseurs ou sous-traitants d’un grand groupe assujetti, elles s’exposent Ă des procĂ©dures d’Ă©valuation de tiers imposĂ©es par leurs donneurs d’ordre. Le secteur d’activitĂ© et la zone gĂ©ographique d’intervention constituent des facteurs aggravants pris en compte dans cette Ă©valuation.
3. Les 8 obligations imposées par la loi Sapin 2 (article 17)
Les entitĂ©s assujetties doivent mettre en Ĺ“uvre un programme de conformitĂ© dĂ©clinĂ© en huit piliers dĂ©finis Ă l’article 17 de la loi. Ces obligations imposĂ©es par la loi Sapin 2 sont vĂ©rifiables Ă tout moment par l’AFA, qui dispose d’un droit de contrĂ´le sur pièces et sur place.
Pilier 1 : La cartographie des risques
La cartographie des risques est le socle du dispositif de contrĂ´le. Elle vise Ă identifier, hiĂ©rarchiser et prioriser les risques de corruption et de trafic d’influence en tenant compte du secteur d’activitĂ©, de la zone gĂ©ographique des opĂ©rations et des typologies de partenaires (agents, intermĂ©diaires, clients fournisseurs). Elle doit ĂŞtre mise Ă jour rĂ©gulièrement a minima tous les deux ans selon les recommandations de l’AFA et constitue le point d’entrĂ©e de toute dĂ©marche de conformitĂ© solide.
Pilier 2 : L’Ă©valuation des tiers (clients, fournisseurs)
Sur la base de la cartographie des risques, l’entreprise doit Ă©valuer l’intĂ©gritĂ© de ses clients fournisseurs de premier rang et de ses intermĂ©diaires. Cette approche KYS (Know Your Supplier) doit ĂŞtre proportionnĂ©e au niveau de risque identifiĂ©, documentĂ©e et actualisĂ©e. Elle inclut la vĂ©rification des antĂ©cĂ©dents judiciaires, la dĂ©tection de conflits d’intĂ©rĂŞts et le contrĂ´le des listes de sanctions internationales.
Pilier 3 : Le code de conduite interne
Le code de conduite dĂ©finit et illustre les comportements interdits susceptibles de caractĂ©riser un acte de corruption. Il doit ĂŞtre intĂ©grĂ© au règlement intĂ©rieur après consultation du CSE et adossĂ© au rĂ©gime disciplinaire de l’entreprise. Sans cette formalitĂ©, le code de conduite devient inopposable aux salariĂ©s en cas de manquement. Sa diffusion effective auprès de tous les collaborateurs est une condition sine qua non d’un dispositif jugĂ© opĂ©rationnel par l’AFA.
Pilier 4 : La formation des personnels exposés
Les collaborateurs identifiĂ©s comme exposĂ©s aux risques de corruption Ă©quipes commerciales, acheteurs, responsables de zones sensibles doivent bĂ©nĂ©ficier de formations rĂ©gulières, ciblĂ©es et traçables. La preuve documentaire de ces sessions est systĂ©matiquement exigĂ©e lors d’un audit. C’est ici que le format des formations joue un rĂ´le dĂ©cisif : des modules trop thĂ©oriques ou peu engageants gĂ©nèrent un faible taux de complĂ©tion et laissent l’entreprise exposĂ©e.
Pilier 5 : Les procédures de contrôles comptables
Des procĂ©dures de contrĂ´les comptables internes ou externes doivent ĂŞtre mises en place pour garantir que les livres et comptes de l’entreprise ne dissimulent aucun acte de corruption. Ces contrĂ´les couvrent notamment les notes de frais, les commissions d’agents, les cadeaux et invitations, ainsi que les flux financiers vers des pays classifiĂ©s Ă risque dans la cartographie des risques.
Pilier 6 : Le dispositif d’alerte interne (lanceurs d’alerte)
L’entreprise doit mettre en Ĺ“uvre un dispositif confidentiel de recueil des signalements, ouvert aux salariĂ©s et aux collaborateurs externes. Les lanceurs d’alerte bĂ©nĂ©ficient d’une protection renforcĂ©e depuis la loi Waserman du 21 mars 2022, qui a supprimĂ© l’obligation de signalement interne prĂ©alable et Ă©largi le cercle des personnes protĂ©gĂ©es. La confidentialitĂ© de l’identitĂ© du lanceur d’alerte doit ĂŞtre garantie tout au long de la procĂ©dure.
Pilier 7 : Le régime disciplinaire
Un rĂ©gime disciplinaire graduĂ©e doit ĂŞtre formalisĂ©, prĂ©voyant des sanctions internes proportionnĂ©es en cas de manquement au code de conduite. Sans ce volet opĂ©rationnel, l’AFA considère le programme de conformitĂ© comme insuffisamment effectif lors de ses contrĂ´les. Ce rĂ©gime doit ĂŞtre portĂ© Ă la connaissance de l’ensemble des salariĂ©s, ce qui soulève Ă nouveau la question de l’engagement et de la pĂ©dagogie en interne.
Pilier 8 : Le dispositif de contrĂ´le et d’Ă©valuation interne
Ce « contrĂ´le du contrĂ´le » permet d’Ă©valuer, de tester et d’actualiser en continu l’ensemble du programme de conformitĂ©. Il peut prendre la forme d’audits internes rĂ©guliers, de revues pĂ©riodiques ou d’Ă©valuations par des tiers indĂ©pendants. Ce dispositif de contrĂ´le garantit que les mesures mises en place restent adaptĂ©es Ă l’Ă©volution des risques de corruption et des activitĂ©s de l’organisation.
4. Sanctions en cas de non-respect
Le contrĂ´le de la mise en conformitĂ© Sapin 2 relève de l’AFA, qui peut initier des missions de vĂ©rification Ă tout moment. En cas de manquement avĂ©rĂ©, la procĂ©dure est transmise Ă la commission des sanctions, organe indĂ©pendant rattachĂ© Ă l’AFA, qui dispose de trois niveaux de rĂ©ponse :
- Avertissement : mise en garde formelle adressée à la personne physique (dirigeant) et/ou à la personne morale.
- Injonction – obligation de mise en conformitĂ© dans un dĂ©lai maximum de trois ans, avec suivi par l’AFA.
- Amende financière : jusqu’Ă 200 000 € pour une personne physique et 1 000 000 € pour une personne morale.
Les sanctions en cas de manquements graves peuvent s’accompagner d’une publication de la dĂ©cision avec un impact rĂ©putationnel lourd et durable. La responsabilitĂ© personnelle des dirigeants Ă©tant directement en jeu, la mise en conformitĂ© n’est pas une dĂ©marche optionnelle mais une obligation lĂ©gale non nĂ©gociable.
5. Gamifier la conformitĂ© : l’approche OuiLive
La mise en conformitĂ© Sapin 2 repose in fine sur les comportements humains : un collaborateur qui n’a pas compris le code de conduite, qui n’identifie pas les risques de corruption dans son quotidien ou qui ne sait pas comment contacter le dispositif des lanceurs d’alerte est un maillon faible dans la chaĂ®ne de conformitĂ© quelle que soit la qualitĂ© des procĂ©dures Ă©crites.
C’est le dĂ©fi qu’OuiLive a choisi de relever. SpĂ©cialisĂ©e dans la gamification appliquĂ©e aux entreprises, OuiLive transforme les parcours de conformitĂ© en expĂ©riences engageantes et mĂ©morables pour les collaborateurs. Concrètement, cela signifie :
- Des modules de formation sur les 8 piliers de la loi Sapin 2 intĂ©grĂ©s dans des formats interactifs (quiz, mises en situation, dĂ©fis d’Ă©quipe) qui boostent le taux de complĂ©tion et la rĂ©tention des informations ;
- Des campagnes de sensibilisation internes ludiques pour ancrer les bons réflexes face aux risques de corruption dans les équipes commerciales, achats et finance ;
- Un suivi de progression en temps rĂ©el permettant aux Ă©quipes RH et compliance de disposer de la preuve documentaire exigĂ©e par l’AFA lors des contrĂ´les ;
- Une approche adaptable Ă chaque secteur d’activitĂ© et Ă chaque zone gĂ©ographique, pour des contenus pertinents et contextualisĂ©s.
Parce que la conformitĂ© n’est efficace que si elle est comprise et vĂ©cue par tous, OuiLive fait de l’engagement collaborateur le premier dispositif de contrĂ´le de votre programme de conformitĂ©.
Sources
- Agence française anticorruption (AFA) – Commission des sanctions
- Agence française anticorruption (AFA) – Guide pratique de mise en conformitĂ©
- Values Associates – Les obligations de la loi Sapin 2
- Values Associates – FormalitĂ©s de mise en conformitĂ© loi Sapin 2
- Values Associates – Sanctions en cas de non-respect de Sapin 2
Cet article est fourni à titre informatif. Pour toute question relative à votre situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un expert juridique ou un cabinet spécialisé en conformité.